Dur dur de résorber la fracture numérique ?
C'est apparement le cas en Haute-Saône,
un département toujours enclavé numériquement... ou presque.
En effet, un marché a été attribué il y a quelques semaines à un fournisseur d'accès internet rural pour tenter de
réduire le nombre de zones blanches dans le département. Même si la démarche de
la collectivité partait sans doute d'un bon sentiment, c'est une grosse
déception lorsque l'on regarde de plus près l'avis d'attribution du
marché.
En clair : pas de fibre optique et encore moins de Wimax,
pas de dégroupage, et donc toujours pas de possibilité de fournir des services
nécessitant une bande passante importante. Juste du wifi si l'on en croit les
solutions proposées par le prestataire retenu.
Une réaction s'impose
- Cette rustine dont le délai d'éxécution est de 4 ans pour le marché
(période initiale : de la notification du marché au 31/09/2008,
reconductible 3 fois) va coûter au contribuable : 993 017,00 €
H.T

- Le département n'aura toujours pas d'équipement neutre comme son voisin jurassien qui a lancé une DSP pour déployer Fibre optique+Wimax.
- Dans une une région frontalière soumise à quelques restrictions
"hertziennes" (puissance émetteurs FM,...), le triple-play
(Internet+Teléphonie+ bouquet TV/Radios) via ADSL et/ou Fibre est une aubaine
pour de nombreux foyers.
- Les professionnels devront continuer à se tourner vers le seul opérateur
présent dans ce département rural (France Télécom) et subir les tarifs
démesurés de ce dernier. Précisons sur ce point que sur certaines DSP, arrivée
de la concurrence = arrivée de nouveaux opérateurs régionaux indépendants =
emplois/économie locale.
Les élus et les techniciens n'ont pas la même définition de la
fracture numérique ?
Certains décideurs très mal conseillés doivent se dire
"colmatons les brèches pour calmer les mécontents et on verra ensuite"
alors que le technicien dira "débloquez un budget suffisant pour mettre en
place une véritable politique d'aménagement numérique du territoire sur les dix
à vingt prochaines années".
C'est en substance ce qu'a résumé Gérard Bailly, l'actuel président du
CG39, lors d'un récent
discours : "l’objectif que nous nous étions donné lorsque nous avons
lancé la procédure de délégation de service public au printemps 2006 était
simple : mettre un terme à la fracture numérique dans le
département d’ici février 2009. Nous le savons bien, comment
pourrions-nous espérer attirer, voire même simplement maintenir nos entreprises
sur notre territoire, si ces dernières ne peuvent pas bénéficier d’un accès
haut-débit à Internet. Quant à nos concitoyens, la demande est de plus
en plus forte, et recevoir le haut-débit devient une nécessité : les zones
non couvertes perdant de leur attractivité".
Un point de vue qui se complète par un regard sur les besoins en bande
passante liés à l'évolution des usages pros (télésauvegarde, télémédecine,
télétravail & vidéoconférence...) et grand-public (Voix sur IP, Télé sur IP
avec arrivée de la HD, Web Radios, applications domotique...) 
Voila donc l'exemple d'une collectivité qui contribue à financer une ligne TGV mais qui vient de
rater le train du haut-débit... Il n'est jamais trop tard pour bien
faire ?
Quelques liens pour aller plus loin :