Après un sujet à chaud sur The INQ pour réagir au vrai-faux buzz autour de la
Bouygues Box (BBox pour les intimes), une petite analyse personnelle s'impose
autour de ce qui pourrait se passer dans les mois et années à venir avec ce
nouvel arrivant.
- Petit rappel
Bouygues est dirigé Martin Bouygues et se définit comme "un groupe industriel diversifié dans la Construction (Bouygues Construction, Bouygues Immobilier, Colas) et les Télécoms-Médias (TF1, Bouygues Telecom)." Mais c'est du côté de ses filiales qu'il faut se tourner pour observer la puissance de frappe potentielle du groupe.
Pour ouvrir les routes et faire passer de la fibre optique, Bouygues possède plusieurs sociétés comme Colas ou encore ETDE. Cette dernière intervient aussi avec Brézillon lorsqu'il s'agit de construire des datacenters de toute taille (Interxion est l'un de ses clients, ndlr).
Pour la partie réseaux télécoms, Bouygues possède Axione via ETDE (Axione a été racheté par ETDE en 2005). Axione est une société qui possède un réseau national et gère localement des réseaux/infrastructures financés par les collectivités (11 DSP actuellement).
Avec le regroupement de ces compétences, Bouygues semble avoir toutes les clés pour devenir un sérieux challenger face à Neuf Cegetel et France Télécom-Orange.
- Un oeil sur le réseau
Extrait dépêche AFP / 26 sept. 07: "Ensuite 626 de ces NRA feront l'objet d'un achat par Bouygues Telecom, qui se concrétisera au plus tard le 30 juin 2008. En clair, Bouygues Telecom va investir dans un réseau. Selon le communiqué, jusqu'à cette date Neuf Cegetel assurera à Bouygues Telecom une prestation de vente en gros pour la fourniture de services internet haut débit par téléphone à destination des entreprises et du grand public." (...)
Aujourd'hui, une petite mise à jour s'impose. Le fournisseur a fait appel dans un premier temps au réseau Neuf Cegetel... racheté par SFR, son concurrent direct. Propos qu'il convient de nuancer puisque Neuf aurait cédé à Bouygues une partie (la totalité?) du réseau de Club-Internet, ce qui rendra Bouygues indépendant dès son entrée sur le marché (merci Stéphane pour la remarque).
Car pour se lancer sur ce marché, à moins d'avoir 500 millions à investir (cf montant investit par T-Online pour faire passer feu Club-Internet du statut de FAI à Opérateur), il faut louer des capacités aux gens qui en ont c'est à dire France Télécom, Neuf Cegetel, Completel, Télécom Italia et/ou les gestionnaires de délégations de service public (Covage, Altitude, LDCollectivités groupe Neuf, et... Axione = ETDE = Groupe Bouygues ).
A terme, il est probable que Bouygues Télécom se réorganisera pour devenir un opérateur d'envergure totalement intégré et investira pour continuer à déployer une infrastructure de collecte xDSL nationale qui lui permettra de dégrouper en masse et in fine de devenir à son tour un vrai réseau alternatif.
Ajoutons enfin à cela une maitrise de la construction de réseaux FTTH via Axione, voir débarquer plus vite que prévu Bouygues Tel sur ce crédo ne semble pas non plus utopiste... Il l'est même déjà comme nous le verrons quelques lignes plus bas.
- Un regard sur les offres
Chacun le sait, Bouygues Tel arrive en proposant d'emblée une offre triple-play (internet + téléphonie fixe + TV sur IP).
Impossible d'entrer sur ce marché sans posséder une offre "au moins" similaire à ses principaux concurrents.

Etant opérateur de téléphonie mobile avec un réseau mobile en propre, cela va faciliter grandement la mise en oeuvre d'offres quadruple-play qui arriveront sans doute peu de temps après la mise en service commerciale de la première offre d'accès. Un blogueur évoquait d'ailleurs il y a quelques mois la possible intégration de Femto Cell dans la BBox pour faciliter la convergence fixe/mobile.
A noter que la cible professionnelle n'est pas en reste avec des offres convergentes lancées récemment. La encore, Neuf Cegetel et Orange ont du soucis à se faire tout comme les fournisseurs plus petits qui ne possèdent pas d'offres mobiles et pourraient également en patir. Affaire à suivre.
- Un point sur les contenus
Si Orange a pris une longueur d'avance (production ciné, bouquets de chaînes TV, etc.), Bouygues n'est pas en reste, bien au contraire.
Le groupe est actionnaire de TF1, média audiovisuel qui possède lui-même plusieurs participations dans de nombreuses chaînes et activités annexes (production de films/séries/émissions, sites internet, etc.).
On ne voit donc pas de raisons valables pour que Bouygues n'utilise pas ce réseau de sociétés pour enrichir son offre d'accès de contenus exclusifs à forte valeur ajoutée.
- Conclusion: attention, danger
Que ce soit sur la cible grand-public, petites entreprises, grands groupes et vente en gros, Bouygues possède déjà de nombreux atouts.
Encore faut-il que le groupe sache coordonner correctement toutes ces activités, ce qui pourrait faire de lui un futur géant dans le secteur. La route est longue face à des concurrents qui ne sont pas en reste d'innovations (et d'investissements).
Orange, Neuf Cegetel et Free sont déjà lancés dans la course à la fibre
optique jusqu'à l'abonné. Mais avec les réseaux de Pau et de
Gonfreville-l’Orcher
(les deux DSP étant gérées par Axione), on dirait que Bouygues a déjà
lui-aussi un pied sur ce nouveau marché plein d'avenir... 
Votre avis: Quelle est votre analyse concernant l'arrivée et le futur de Bouygues Tel sur ce marché ?








