Au même titre que la sécurité et la visibilité, l’optimisation des performances devient une source de préoccupation majeure pour les éditeurs de sites internet. Pour preuve de la demande exponentielle, les solutions de « xPO » (Performance Optimization) se développent et suscitent même les convoitises.
En début de semaine, le réseau de diffusion de contenus (CDN) Akamai annonçait qu’il venait de faire l’acquisition de « Blaze », un éditeur de solutions d’optimisation du code des pages web.
Hasard du calendrier, un acteur français va quant à lui ouvrir commercialement son service dans quelques jours. Son nom : Fasterize.
Aux commandes de cette jeune société créée en 2011 et financée sur fonds propres (elle bénéficie également du soutien d’OSEO, ndlr), Stéphane Rios, ancien directeur technique de RueDuCommerce et Vincent Voyer, fondateur de Zeroload.net, première société française de conseil dédié à la performance Web.
En exclusivité pour The IT Circle, Stéphane Rios dévoile les toutes premières infos sur ce service et réagit à l’acquisition d’un concurrent américain…
(Entretien réalisé le 09/02/2012)
The IT Circle : En quelques mots, quelle est l’origine de Fasterize ?
S. Rios : Tous les sites Web ont fait le constat que le temps de chargement des pages avait un impact majeur sur leur business, notamment en terme de trafic, taux de transformation et SEO. Mais quand on parle d’optimisation des performances Web, il y a trois facteurs à prendre en compte : la génération du contenu, la diffusion du contenu et l’affichage du contenu sur le navigateur. Jusqu’à présent, il existait des solutions pour optimiser la génération de contenu (caches, load-balancing,…), des services pour optimiser la diffusion du contenu (CDN et routage dynamique multi-prestataires avec Cedexis) mais rien côté affichage. Fasterize est donc né de ce manque. Notre service est un « optmizer de page » et l’on parle dès lors de « FEO » (Front End Optimization).
The IT Circle : Concrètement, comment fonctionne un “optimizer” ? Quel gain pour les utilisateurs ?
S. Rios : Fasterize est un optimizer de site en temps réel. C’est une solution de type SaaS qui se place en amont des serveurs Web à optimiser et avec lesquels il s’interface de manière complètement transparente et réversible. Chaque page HTML demandée par un internaute est analysée et transformée à la volée avant de lui être renvoyée. Les transformations interviennent notamment sur le poids de la page, le nombre de requête, le cache, et même le réseau. Il est important de préciser que Fasterize ne touche ni au code ni à l’infrastructure existante : le site peut être développé en PHP, Java, Ruby,… être hébergé en propre ou pas, sous Windows ou Linux, peu importe… Il suffit de quelques lignes de configuration au niveau DNS et CDN pour être opérationnel. Une fois la configuration effectuée, le service apporte des gains de 30 à 60% sur les temps de chargement des pages.
The IT Circle : Quel est le modèle économique de votre société ?
S. Rios : Notre modèle repose sur un abonnement mensuel en fonction du nombre de pages vues, par mois donc. Précisons que les optimisations apportées au site font mécaniquement baisser la bande passante utilisée et donc génèrent des économies substantielles pour notre client.
The IT Circle : L’un de vos concurrents américains, Blaze, a été acquis récemment par un CDN (Akamai, ndlr). Que pensez-vous de cette opération ?
S. Rios : C’est une bonne et une mauvaise chose. Le côté positif est que cela montre l’intérêt des grands acteurs historiques de l’accélération Web pour cette nouvelle forme d’optimisation (FEO). Seulement, après le rachat de Cotendo, on est en droit de se demander si cette nouvelle acquisition est vraiment l’occasion d’intégrer la technologie de Blaze chez Akamai. En effet, Cotendo disposait aussi d’une solution FEO et Akamai a déjà noué des partenariats avec d’autres acteurs de ce marché. Finalement, l’on se demande si les CDN qui ont un modèle basé sur la bande passante consommée ont réellement intérêt à intégrer ce genre de services…
The IT Circle : Concrètement, les optimizers : amis ou ennemis des CDN ?
S. Rios : Pour notre part, nous pensons que les optimizers doivent rester complémentaires des CDN car il faudra toujours diffuser le contenu au plus près de l’internaute : les optimizers sont proches des serveurs et les CDN proches de l’internaute. Je ne vois pas l’intérêt pour les sites Web de choisir un diffuseur de contenus qui aurait décider d’implémenter des fonctionnalités FEO alors qu’ils ont aujourd’hui le choix entre plusieurs CDN grâce à un aiguilleur du net tel que Cedexis. Imaginez qu’un internaute tombe sur une page différemment ou pas du tout optimisée suivant le CDN ! Il faut que l’optimisation front-end reste indépendante de la diffusion.
Note de l’auteur : Dialoguez avec l’invité dans les commentaires ci-dessous.

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